La ruée actuelle sur les terres agricoles accroît la pauvreté

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Frappés par la nouvelle vague de transactions foncières, de nombreuses communautés du Sud -déjà confrontées à la pauvreté- perdent toit et moyens de subsistance. Oxfam lance un nouveau rapport afin de pointer ce phénomène d’‘accaparement de terre’.

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En Ouganda, au moins 22.500 personnes ont perdu leur toit et leurs terres pour faire place à une compagnie forestière britannique, la New Forests Company (NFC). Des villageois ont confié à Oxfam avoir été délogés de force et s’être retrouvés sans nourriture ni argent pour pouvoir envoyer leurs enfants à l’école. Ils n'ont reçu ni dédommagement, ni terres où se réinstaller. La NFC nie toute responsabilité dans ces expulsions.

« Toutes nos plantations ont été rasées et des travailleurs de la société nous ont agressés. Aujourd’hui encore, ils refusent de nous laisser passer pour récupérer les affaires que nous avons laissées » , témoigne Christine, une productrice ougandaise qui habitait le district de Kiboga avant d’être expulsée.

Profit versus développement

Dans son rapport intitulé « Terres et pouvoirs », Oxfam révèle les premiers résultats d’une recherche selon lesquels depuis 2001, 227 millions d’hectares ont été vendus, loués ou concédés dans le cadre de transactions foncières à grande échelle et, dans la majorité des cas, par des investisseurs internationaux.

Cette ruée vers les terres agricoles est causée par une volonté d’accroître les exportations de denrées alimentaires, d’atteindre des objectifs non durables en matière d’agrocarburants ou de spéculer sur le foncier dans une chasse au profit facile.

Nombre de ces transactions foncières sont qualifiées d’‘accaparements de terres’ : elles ne tiennent aucun compte des droits et des besoins des habitants concernés, les privant ainsi de leur logement et d’une terre où cultiver de quoi se nourrir et gagner leur vie.
En outre, les femmes, qui produisent jusqu’à 80% des denrées alimentaires dans certains pays pauvres, sont en général les plus vulnérables, compte tenu de la faiblesse de leurs droits fonciers.

Ce que Oxfam réclame

Oxfam appelle les investisseurs, gouvernements et organisations internationales à empêcher tout nouvel accaparement de terres à l’avenir :

  • Les gouvernements doivent éviter de se plier aux volontés des investisseurs et accorder la priorité aux droits existants en matière d’utilisation des sols, sans se limiter à la détention de titres fonciers légaux ou de droits de propriété officiels.
  • Ils doivent reconnaître l’égalité des droits fonciers des femmes et veiller à ce que tous les investissements agricoles bénéficient aux communautés locales. 
  • Il est en même temps urgent de remédier aux préjudices causés par les accaparements avérés, notamment en Ouganda.
  • Afin de freiner la ruée sur les terres agricoles causée par le développement massif des agrocarburants, il faudra également abandonner les politiques non durables qui contribuent à cette tendance, incluant notamment l’objectif européen d’incorporation de 10% d’énergies renouvelables dans les transports d’ici 2020.

Ce que vous pouvez faire

  • Contribuez à braquer les projecteurs sur cette pratique inquiétante. Découvrez le nouveau rapport d'Oxfam « Terres et pouvoirs », son résumé & l’étude de cas sur l’Ouganda (en anglais).
  • Rejoignez la campagne ‘CULTIVONS’ en devenant cultiv’acteur dès aujourd'hui !
  • Découvrez & diffusez notre dernier court métrage satirique ‘Glen, Gary & Ross' sur l’accaparement de terres 
  • Pour en savoir plus, contactez Stéphane Parmentier, chargé de plaidoyer Souveraineté alimentaire pour Oxfam : 0486 295 666 - 02 501 67 07 - spa@oxfamsol.be