Durban: Le changement climatique menace la sécurité alimentaire mondiale

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Les négociations sur le climat à Durban doivent aboutir à des mesures concrètes 
et contraignantes pour endiguer la spirale de la faim

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Au cours de l'année écoulée, des phénomènes météorologiques extrêmes ont ébranlé le marché alimentaire mondial, contribuant à l'envolée du prix du blé et compromettant la sécurité alimentaire dans de nombreuses régions du monde, selon une étude publiée par Oxfam à l'ouverture des négociations sur le climat de Durban. Cette année pourrait n'être qu'un sinistre avant-goût de ce que nous réserve l'avenir. En effet, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a dernièrement averti que la fréquence et la gravité des phénomènes météorologiques risquent d'augmenter si rien n'est fait pour mutter contre le changement climatique.

Que pouvez-vous faire?

Suivez les négociations à Durban via le site www.cultivons.be et sur notre page Facebook.

Participez à la manifestation pour le climat à Bruxelles le 3 décembre et rejoignez la délégation Oxfam ! Des actions pour le climat seront menées partout dans le monde ce jour-là, car il est impératif que les dirigeants du monde entier aboutissent à un accord sur le climat !

Les populations des pays les plus pauvres paient déjà le prix fort

Oxfam avertit que des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents et violents vont aggraver les effets projetés du changement climatique sur les rendements agricoles et les prix alimentaires, provoquant pénuries alimentaires et flambées des prix et déstabilisant les marchés.

Dans la Corne et l'Est de l'Afrique, une région caractérisée par une vulnérabilité et une instabilité politique chronique, une grave sécheresse a plongé plus de 13 millions de personnes en situation de crise. En juillet, le prix du sorgho a enregistré en Somalie une hausse de 393 %, tandis que le prix du maïs augmentait de 191 % en Éthiopie et de 161 % au Kenya, par rapport à la moyenne enregistrée ces cinq dernières années.

Suite à la canicule qui a touché la Russie et l'Ukraine, la sécheresse et des incendies ont décimé la récolte de 2010 et provoqué une hausse de 60 à 80 % des cours mondiaux du blé en à peine trois mois. En avril 2011, le prix du blé sur les marchés internationaux était de 85 % plus cher que l'année précédente.

En Asie du Sud-Est, les pluies torrentielles de la mousson et plusieurs typhons ont fait plus de 1 100 victimes et contribué à une hausse du prix du riz en un an d'environ 25 % en Thaïlande et 30 % au Vietnam.

En Afghanistan, certaines régions touchées par une grave sécheresse ont connu en juillet 2011 une augmentation du prix du blé et de la farine de blé de 79 % par rapport à leur niveau un an plus tôt.

Il est très difficile de lier le changement climatique à ces catastrophes consécutives à des conditions météorologiques spécifiques. Toutefois, il paraît évident que la fréquence et la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes, comme ceux que nous avons connus cette année, devraient augmenter sous l'effet du changement climatique.

Pour les populations les plus pauvres et les plus vulnérables qui consacrent jusqu'à 75 % de leurs revenus à l'alimentation, cette évolution pourrait avoir des  conséquences terribles et acculer à des choix impossibles des familles cherchant désespérément à se nourrir. Elles se trouvent confrontées à une augmentation du prix des denrées alimentaires alors même qu'elles peuvent avoir perdu leur bétail, leur habitation, leur ferme ou tout autre moyen de subsistance. Cette situation désastreuse combinant des prix élevés et un pouvoir d'achat qui diminue a plongé de nombreuses personnes dans des situations de crise cette année.

Besoin de progrès à Durban !

Oxfam appelle les négociateurs qui se réunissent du 28 novembre au 9 décembre à Durban à progresser sur trois points essentiels :

1. Ils doivent en premier lieu convenir d'un régime juridiquement contraignant de lutte contre le changement climatique. Le Protocole de Kyoto fait, en l'espèce, office d'exemple à suivre au niveau international en matière de lutte contre le changement climatique.

2. En deuxième lieu, les États doivent prendre le taureau par les cornes pour réduire l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions. Un nombre sans précédent de pays ont promis de réduire leurs émissions et, pour la première fois, les engagements des pays en développement sont plus importants que ceux des pays développés, par rapport aux projections de leurs niveaux respectifs. Ces efforts demeurent néanmoins insuffisants si l'on veut éviter un réchauffement climatique catastrophique. À Durban, les États doivent convenir d'accélérer leurs réductions d'émissions avant 2020.

3. Enfin, les gouvernements doivent débloquer un financement à long terme qui permettra aux populations pauvres de faire face au changement climatique. Le Fonds vert pour le climat doit être opérationnel d'ici 2013 et disposer d'un financement suffisant. Pour ceci un accord sur de nouvelles sources de financement est possible à Durban ; une taxation juste des émissions de CO2 dans le secteur maritime et aérien au niveau international et une taxe sur les transactions financières permettraient de générer les recettes indispensables.


Photos: Ainhoa Goma/Oxfam

Oxfam en pleine action sur la plage de Durban.