De Bonn à Durban : diminuer les émissions de CO2, aujourd’hui !

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À Cancún, les gouvernements des pays industrialisés avaient à nouveau promis de réduire leurs émissions de CO2. La fin du protocole de Kyoto -seul accord contraignant global garant d’une vraie diminution des émissions- approche à grands pas et ces réductions ne sont toujours pas suffisantes. Qu’en sera-t-il demain ?

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195 pays du monde entier se sont réunis la semaine dernière à Bonn (Allemagne) afin d’avancer sur les négociations d’un accord global pour lutter contre les changements climatiques. Lors de la dernière conférence à Cancún (Mexique) en décembre 2010, certains gouvernements s’étaient engagés à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre – hélas de manière insuffisante afin de pouvoir éviter que la température globale ne dépasse pas le seuil des 2 degrés fixé à Copenhague. « Si de vrais engagements ne sont pas pris dès maintenant, nous courrons le risque de subir un réchauffement catastrophique de 4 à 5 degrés », avertit Brigitte Gloire, Responsable du plaidoyer Climat & Développement durable pour Oxfam.

En outre, de nouvelles études concernant ces engagements démontrent que les pays en développement diminueront davantage leurs émissions de gaz à effet de serre que les pays industrialisés. Plus de 60% des réductions d’émissions opérées d’ici 2020 seraient en effet accomplies par les pays en développement.

Réduire et s’adapter maintenant…

« Au final, il n’est pas question de qui diminue le plus, mais bien que les efforts globaux soient suffisants pour éviter un réchauffement climatique dévastateur. Quoiqu’il en soi, nous allons soit couler soit nager tous ensemble. Et les promesses actuellement sur la table signifient que nous nous dirigeons davantage vers la noyade », poursuit Brigitte Gloire.

« Nous devons passer à l’action, dès maintenant, afin de contenir les changements climatiques qui sont en train de plonger des générations d’enfants dans le cercle vicieux de la faim. Chaque pays doit agir et également s’assurer que les plus pauvres reçoivent l’appui nécessaire afin de s’adapter à ce climat capricieux », ajoute-t-elle.

…plutôt qu’opter pour de fausses solutions demain

« L’espoir d’un Fonds Climat né à Cancún pourrait bien être balayé et s’avérer être une coquille vide si les décisions prises à Durban (Afrique du Sud) fin 2011 n’abordent pas sérieusement son financement. En outre, à Durban, il faudra avancer quant au futur du protocole de Kyoto qui touchera à sa fin en décembre 2012 », conclut Brigitte Gloire. À ce jour, rien n’a encore été mis en place afin de financer ce Fonds Climat d’ici 2013 et les engagements concernant un autre Kyoto sont au point zéro.

Ce qui va se discuter à Durban est donc loin d’être anodin. Rendez-vous fin novembre 2011.


 

Faits & Chiffres

  • Les réductions d’émissions promises par les pays en développement d’ici 2020 pourraient être 3 fois supérieures à celles promises par l’UE.
  • Le prix des produits alimentaires de base tels que le maïs pourraient plus de doubler dans les 20 prochaines années et jusqu’à la moitié de cette augmentation sera due aux changements climatiques.
  • D’ici 2050, plus de 20% de personnes en plus risquent de souffrir de la faim à cause des changements climatiques. La majorité se trouveront dans des pays en développement.

Plus d’infos

  • Contactez Brigitte Gloire, Responsable du plaidoyer Climat & Développement durable pour Oxfam : 02 501 67 53 – bgl@oxfamsol.be
  • Le protocole de Kyoto est le seul accord contraignant global garant d’une vraie diminution des émissions de CO2 en vue d’éviter un réchauffement climatique catastrophique. Il impose des réductions aux pays industrialisés et est basé sur les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et sur des critères communs à tous les pays industrialisés. 
  • Découvrez ici le tout nouveau rapport du ‘Stockholm Environment Institute-SEI’ qui démontre que les pays en développement seraient bien plus engagés que les industrialisés.